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Les chiffres de la délinquance à Paris, un "mauvais bilan" pour Philippe Goujon

INTERVIEW LE FIGARO - Député-maire Les Républicains du XVe arrondissement de Paris, Philippe Goujon commente les chiffres de la délinquance à Paris.

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Philippe Goujon dénonce la politique inefficace du gouvernement en matière de sécurité publique

LE FIGARO. - Que vous inspirent ces statistiques ?

Philippe GOUJON. - C’est un mauvais bilan. La Préfecture de police est devenue une sous-direction de la ville de Paris. Elle n’intervient plus qu’en pointillé et à la demande de la Mairie, comme en témoigne son inaction contre l’occupation illégale d’un lycée du XIXe arrondissement par des migrants. L’ordre public avait forgé sa réputation, or elle a cumulé les loupés, entre le saccage de la place du Trocadéro par les pseudo-supporteurs du PSG, les dérapages des manifestations propalestiniennes ou la gestion erratique de la Manif pour tous. Le dernier 14 Juillet a été déplorable, avec des dizaines de voitures incendiées. Et que dire des scandales à la PJ parisienne, soldés par la mise en examen de son directeur !

Mais la baisse des cambriolages semble s’amorcer…

Encore heureux ! Ils avaient atteint un tel seuil ! En vérité, le contentieux de masse stagne à des niveaux insoutenables. Pourtant, sous la précédente législature, à l’initiative du préfet Michel Gaudin, des outils précieux avaient été mis en place : la police d’agglomération, la vidéoprotection, des plans dédiés, comme le plan antidrogue, qui font aujourd’hui cruellement défaut.

Et à quoi tient, selon vous, cette forme de relâchement que vous dénoncez ?

D’abord, un manque évident de stratégie et de direction. Sur ce point, le nouveau préfet, Michel Cadot, va devoir se distinguer nettement de son prédécesseur. Car la P.P. ne peut pas se satisfaire d’une réponse molle et inadaptée sur ces petits délits qui font le quotidien des Parisiens : les occupations agressives de halls d’immeuble, les attroupements, les ventes à la sauvette, tout ce qui dégrade le climat et que la Justice ne poursuit même plus.

Mais le plan Vigipirate n’a-t-il pas changé la donne ?

L’hypertrophie du dispositif antiterroriste dégarnit inévitablement le dispositif normalement consacré à la lutte contre la violence au quotidien et finit par épuiser les effectifs. D’ailleurs, je note qu’après un bref effet bénéfique sur la statistique après le 11 janvier, les indicateurs de la délinquance ont repris leur rythme effarant. Il y a une démotivation qui guette dans la police, où l’on dénonce le manque de suivi judiciaire. Or ce n’est pas la loi pénale de Mme Taubira, rétive à l’incarcération, qui va améliorer le bilan.

Des effectifs neufs n’ont-ils pas été injectés à Paris ?

C’est un tour de passe-passe ! Il y en a toujours moins que prévu. Même la contribution de la mairie au budget de la P.P. va diminuer. En 2016, elle sera modulée en fonction du nombre de PV distribués !

Que pensez-vous de la polémique sur la fête de « Tel-Aviv sur Seine » ce jeudi ?

Si la P.P. ne parvient pas à sécuriser ce type d’événement, c’est la mise en cause des libertés publiques à Paris.