agrandir le texte retrecir le texte imprimer article envoyer à un ami

Discours de Nathalie Kosciusko-Morizet Place de la Bastille le 30 juin 2013

Mes chers amis, Merci d’être là, dans cette bonne humeur, cette simplicité du plaisir d’être ensemble. Sous le soleil qui revient, qui vous éclaire. Je voulais vous réunir pour vous remercier, puisque l’été arrive. Je voulais vous réunir aussi pour tourner la page du premier chapitre de la bataille de Paris. Et surtout écrire ensemble le début du deuxième.

JPEG - 75.3 ko
Nathalie Kosciusko-Morizet, Place de la Bastille le 30 juin 2013

On m’avait dit : « tu sais, ce sera pas facile ». Cela m’a motivée.

On m’avait dit : « tu sais, Paris n’est pas pour nous ». Alors, j’ai cru en la victoire. Et je me souviens de ce que disait Nicolas Sarkozy : « en politique, on ne fait bien que ce que l’on qu’on aime passionnément ». Et je me suis jetée passionnément dans la bataille.

On m’avait dit : « rassembler ton camp, ce sera déjà une victoire ». Et bien on y est aujourd’hui. La primaire a été rude. Elle est derrière nous. Et l’épreuve nous a rendus plus forts.

Nous sommes ensemble ce soir donc pour écrire la suite de l’histoire. Avec une conviction : il va arriver quelque chose. Quelque chose d’inattendu.
A force de rêves brisés – Olympiques notamment -,

A force de promesses cassées – l’accès pour tous au logement–

A force de vies compliquées – les transports tout le temps –

On se disait que plus rien n’était possible.

Pour les élections, rien ne devait surprendre.

C’était sûr, c’était fait. Paris n’était pas à prendre.

Les municipales devaient avoir le charme désuet d’une succession, plutôt que le goût âpre et les couleurs vives d’une élection.

C’était compter sans nous. C’était compter sans vous. C’était compter sans l’esprit de Paris. L’impertinence et la rébellion.

Paris pourrait bien choisir l’an prochain, une nouvelle fois, d’être là où on ne l’attend pas, de faire sa loi.

Et il va arriver quelque chose aussi sur le plan politique. Nous allons inventer une majorité. Nouvelle.

Qui va au-delà des camps. Une majorité qui attire ceux qui ne votaient pas. Une majorité qui redonne l’envie à ceux qui ne votaient plus.

Une majorité que nous fabriquons avec les Parisiens des deux rives, de la rive droite et de la rive gauche, de l’Ouest et de l’Est. Les jeunes et les vieux. Les riches et les pauvres. Les Français de toujours et les Français d’aujourd’hui.

Une majorité pour construire, pas pour détruire. Une majorité pour créer, pas pour critiquer. Une majorité pour la modernité. Pour la modernité de Paris.

Car Paris d’aujourd’hui ressemble trop à Paris d’hier. C’est beau une ville musée. C’est rassurant. Ce n’est pas exaltant.

Paris, ce n’est pas qu’un passé. C’est notre histoire bien sûr. C’est notre mémoire, c’est sûr.

Mais c’est d’abord et avant tout notre avenir.

Le lieu que nous avons choisi pour vivre.

Le lieu que nous avons appris à lire, tant chaque Parisienne, chaque Parisien connaît les respirations de Paris, ses humeurs, ses aigreurs, ses bonheurs.

A nous d’inventer cet avenir. Nous sommes des hommes et des femmes de bonne volonté, mêlant les générations, les origines, les croyances. Ardents dans l’engagement. Exigeants dans le résultat.
Et notre but à tous aujourd’hui, c’est le mouvement ; c’est la surprise.

Notre marque, c’est l’invention, c’est l’avant garde, c’est le progrès.

Notre tempérament, c’est le risque. Tous les risques pour ce qu’on aime, pour ce qu’on veut.

En face c’est autre chose. 12 ans déjà ! 2001, c’est pas hier, les socialistes prenaient la mairie. La candidate d’aujourd’hui était déjà la dauphine. N°2 longtemps. N°2 tout le temps.
A ce propos je dois vous faire une confidence. Je me sens suivie.

Je dis un jour qu’il faut ouvrir les boutiques le dimanche. Deux jours après, à l’Hôtel de Ville, on s’y rallie. Et le lendemain on change d’avis.

Je veux interdire l’achat de diesel dans les flottes municipales. La semaine suivante, on dit pareil. Mais en janvier, on avait fait le contraire.

Je donne la priorité au logement intermédiaire. Il devient leur objectif ! Dans les discours, pas dans les faits : mille supprimés encore au prochain conseil de Paris !

L’ouverture des métros la nuit, le ticket de stationnement électronique : je suis pour. Ils le reprennent à leur profit.

Je refuse la fermeture des urgences de l’Hôtel Dieu, et la mairie change d’avis.

Mais tant mieux. Nos idées font consensus. Nous n’en sommes pas avares… Car nous en avons beaucoup d’autres.

À nous de convaincre. La majorité des Parisiens. Pas les uns contre les autres, pas les uns OU les autres. Tous les Parisiens. Quartiers par quartiers. Un par un ; il y en a 121. Immeubles par immeubles. Sur internet ; sur les marchés. Dans les boîtes mail et sur les Quais. En face à face ou en réseau. Avec des tracts et des panneaux.

Là où est la vie des Parisiens.

Allez les écouter. Allez leur parler. Faites-les proposer.

En fait d’élection, je ne crois qu’en cela. Le contact direct. Le lien presque intime, créé au long de la campagne, entre le candidat et le citoyen. Tisser la confiance. Vous êtes les volontaires de la confiance !

En étant au contact, nous gagnerons en liberté. Liberté face aux appareils. Liberté face à nous-mêmes. Liberté d’avoir des idées.
Liberté trop souvent menacée. Trop souvent étouffée. Par l’administration qui interdit. L’administration qui s’alourdit. L’administration qui nous dit : « c’est une bonne idée. Malheureusement c’est impossible ».

Nous sommes à la Bastille, le lieu de toutes les libertés. Le lieu d’où est partie la liberté guidant le peuple. La liberté qui nous guide toujours. Elle est toujours là, dans nos veines, dans nos têtes. Nous, on aime l’égalité mais on sait que la clef de tout, c’est la liberté.

C’est avec la liberté que l’on entreprend, que l’on crée des emplois, de la richesse. Richesse : ce mot n’est pas tabou. On peut réussir à Paris. La réussite pour tous. Toutes les réussites. Réussir sa vie. Réussir ses études. Réussir sa retraite. Réussir sa famille. Par le travail et l’innovation. Avec l’esprit de solidarité.

Les impôts d’ailleurs, il en faut. Mais pas trop. Trop de gaspillage depuis 12 ans. Trop de dépenses inutiles. Je vous le dis : il n’y aura pas de hausse d’impôts si je suis maire de Paris.

Il y aura par contre du nouveau. Un rapport au temps différent pour que chacun organise sa vie plus facilement. Services publics, garde d’enfant, déplacement. Accompagner chacun, sans s’inventer d’ennemi. Sans chercher de bouc émissaire, automobiliste, parent d’élève profs en colère… Il faut que l’on soit bien dans Paris.

Sécurité, emploi, logements, nous prendrons tous les sujets à bras le corps.

Eux, ils se renvoient la balle, municipalité et gouvernement. Ils se cherchent des excuses. Pour n’avoir pas fait. Ou ne pas pouvoir faire.

Nous, nous proposerons des solutions. Paris doit plus aux Parisiens.

Parce que nous devons être bien dans Paris.

Mais il faut aussi que l’on soit fier de Paris. Quand je regarde les villes globales, je vois des changements, des transformations.
Londres était la capitale de la finance ? C’est aussi aujourd’hui la capitale du design, de la mode, de l’art contemporain, de la création. L’East End était déserté ? Il a été reconquis avec les Jeux Olympiques.

Séoul était une ville technologique ? Elle se lance dans le bio-médical et le design.

New York était en faillite ? Elle est sortie de ses cendres. Elle a été attaquée ? Elle se construit un nouvel emblème. Wall Street a fauté ? Le maire lance un gigantesque programme d’investissement. 52 milliards de dollars avec deux priorités : les infrastructures et l’éducation.

Et Paris ? Paris attend. Paris, c’est l’art de vivre à la française. C’est déjà bien. Mais une ville monde qui réussit aujourd’hui, c’est deux ou trois spécialisations sans égale. Parce que pour créer une dynamique emplois et de l’activité, il ne faut pas être le premier.

Il faut être unique. Sacré défi.

* * *

C’est Jules Renard qui disait : « Ajouter deux lettres à Paris et c’est le paradis. » Gagnons deux tours avec les électeurs, et ce sera le bonheur !

Je vous remercie,


Nathalie Kosciusko-Morizet

Place de la Bastille - 30 juin 2013